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mardi 4 novembre 2025
correction de l'IE du 16/10
retour au cours
Q6 : Quels sont les éléments qui justifient l’existence d’un marché concurrentiel ?
O6 : Comprendre la notion de gain à l’échange et savoir que la somme des surplus est maximisée à l’équilibre.
I/ Les gains à l’échange
A) Il y a un avantage à ne pas tout faire soi-même
Doc. les gains à l'échange (Doc les gains a l echange)
1-Plus rapide (plus de quantités), plus précis (meilleure qualité), capacité d’innovation, tous ces éléments permettent d’accroître la productivité du travail.
2-le marché va permettre d’écouler les stocks qui résultent de la spécialisation et de trouver des produits en échange. Le marché permet de confronter l'offre et la demande. Comme les individus ne font pas tout eux-même il faut qu'ils rencontrent les producteurs de ce qu'ils ne produisent pas eux-mêmes
3- l’échange marchand permet aux agents économiques de se spécialiser dans les activités où ils sont les plus efficaces. Ils deviennent chacun plus productifs et parviennent ainsi à obtenir par l’échange une quantité plus importante et plus diversifiée de biens qu’en situation d’autarcie. L’échange est donc mutuellement avantageux.
Lionel MESSI a-t-il intérêt à tondre lui-même sa pelouse ?
Raisonnement en termes de coût d’opportunité : si Lionel MESSI tond sa pelouse (et Lionel MESSI tond sa pelouse mieux que personne car il fait tout très bien), il ne peut pas faire autre chose, il ne peut pas s’entrainer (il perd une journée de salaire, car le jardin de Lionel MESSI est très grand), il ne peut pas tourner une publicité (qui lui rapporterait des millions). Bref, s’il tond sa pelouse, il économise le coût d’un jardinier mais il ne peut pas réaliser les activités pour lesquelles il possède un certain talent et qui lui rapportent beaucoup d’argent. Le coût d’opportunité lié à la tonte de sa pelouse est ici très élevé (revenu d’activité : publicité, football…). A l’inverse, s’il décide d’aller travailler et de payer un jardinier, alors le coût d’opportunité de son action s’élève au coût du jardinier (quelques centaines d’euros). Donc, non, Lionel MESSI n’a pas intérêt à tondre lui-même sa pelouse.
Gains à l’échange : la spécialisation permise par l'échange généère des gains de productivité qui permettent à tous les agents économiques davantage de biens et sevice qu'en situation d'autarcie. Avantages procurés aux offreurs et demandeurs qui échangent. Il correspond au surplus du producteur et du consommateur qu’ils réalisent à l’échange au prix d’équilibre par rapport à leur disposition à produire ou à payer.
B) Illustration graphique des gains à l’échange
Doc.à l'équilibre le surplus gobal est maximal (Doc a l equilibre le surplus collectif est maximal)
7-il correspond aux gains à l’échange, somme du surplus du consommateur et du producteur, c’est le surplus global.
8-échange mutuellement avantageux : échange où tout le monde gagne, on parle de jeu à somme positive, tout le monde est gagnant.
La somme du surplus du consommateur et du surplus du producteur correspond au surplus collectif (ou global) qui permet de mesurer la totalité des gains retirés par les offreurs et les demandeurs à l’occasion de l’échange.
A l’équilibre sur un marché concurrentiel, le vendeur et l’acheteur sont l’un et l’autre gagnants et l’échange est alors un jeu à somme positive. Tout le monde est content puisque chacun a obtenu les quantités souhaitées au prix convenu, et chacun a pu vendre sa production. Ces gains mutuels s’observent dès que le consommateur obtient une unité d’un bien quelconque à un prix plus faible que celui qu’il était prêt à mettre tandis que le producteur, de son côté, obtient un prix plus élevé que celui qu’il était prêt à accepter. L’un et l’autre dégagent alors un surplus lors de l’échange. On parle de gains à l’échange
II/ la somme des surplus est maximisée à l’équilibre
A) L’inefficacité des prix administrés
Doc.l'inefficacité des prix administrés (Doc l inefficacite des prix administres)
11-pénurie car l’offre est inférieure à la demande (2,2-1,8 = 0,4 millions d’appartements : 400 000)
12-ABC = DBE + ADEC ABC = DBE + ADEF + FEC
DBE = ABC – (ADEF + FEC)
DBE = surplus avant prix plafond – surplus après prix plafond
13- perte sèche, risque de pénurie, file d’attente, marché noir, dégradation de la qualité du bien car frein à l’investissement, détournement d’usage du bien (air bnb). Exactement ce que l’on observe sur le marché de l’immobilier.
Dans le cas d’un marché administré, soit par un prix plafond (immobilier), soit par un prix plancher (marché du travail), la théorie microéconomique nous montre que le surplus global est moins important qu’en situation de concurrence pure et parfaite. Dans les deux cas, l’économie subit une perte sèche (le triangle entre la courbe d’offre, celle de demande et l’axe des quantités échangées). Dans le cas d’un prix-plancher, le surplus du producteur (le travailleur sur le marché du travail) augmente par rapport à la CPP et celui du consommateur (l’entreprise sur le marché du travail) diminue. Dans le cas d’un prix-plafond, c’est le surplus du consommateur qui augmente et celui du producteur qui diminue. Mais dans les deux cas, rappelons-le, le surplus global est moins important qu’en situation de CPP.
B) La supériorité du modèle concurrentiel
Doc. à l'équilibre le surplus gobal est maximal (Doc a l equilibre le surplus collectif est maximal)
9-lorsque le prix diffère du prix d’équilibre, il y a forcément des agents insatisfaits. Si le prix est supérieur au prix d’équilibre, on se rapproche de la disposition à payer de certains agents réduisant ainsi leur surplus, tandis que d’autres consommateurs ne peuvent désormais plus consommer faute de moyen.
Si le prix est inférieur au prix d’équilibre on se rapproche de la disposition à offrir de certains producteurs, réduisant ainsi leur surplus, tandis que d’autres producteurs ne sont désormais plus disposés à produire.
10-Le surplus collectif est maximal parce que l’ensemble des échanges mutuellement avantageux sont réalisés. Il est impossible d’améliorer la situation d’un agent sans détériorer celle d’un autre agent. Situation optimale au sens de Pareto. La somme des surplus est maximisée à l’équilibre car tout le monde est satisfait. Pas de perte sèche, toute l’aire entre les deux courbes.
Donc, VIVE LE MARCHÉ !!!!
et avec tout ça on peut bien s'amuser en croissant par exemple l'analyse des chocs et des surplus (mais je ne vous le demanderai pas au DS ;-)
fin du chapitre
jeudi 6 novembre 2025
retour sur l'évolution du surplus global en situation de prix adinistrés.
retour au cours
Chapitre II- Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ?
Q1 : Quelles sont les sources du pouvoir de marché
O1 : comprendre, à l’aide d’exemples, les principales sources du pouvoir de marché (nombre limité d’offreurs, ententes et barrières à l’entrée).
I/ Qu’est-ce qu’un pouvoir de marché ?
A) Définition
Avoir du pouvoir sur un marché : pouvoir d'influencer le prix et les quantités. Capacité à s'extraire de la concurrence
Et on cherche à s’extraire du modèle de la CPP, remise en cause de :
-l’atomicité : situation de monopole (maîtrise des prix ou des quantités), ou entreprise qui inonde le marché (en produisant à grande d’échelle on réalise des économies d’échelle qui permettent de baisser le prix de vente et de devenir plus compétitif (capacité à gagner des parts de marchés). Compétitivité prix.
-homogénéité : les entreprises vont chercher à se différencier. Cela suppose une volonté de se différencier et donc une capacité d’innovation (compétitivité hors prix).
-transparence : cacher l’information, faire des choses illégales (cartel, abus de position dominantes)
-libre entrée/sortie : barrières juridiques (brevet)
B) Mesures
1) Indice de Lerner
On mesure le pouvoir de marché d'une entreprise par l'indice de Lerner :
ILerner= (p- Cm)/p
Interprétation du calcul :
p-Cm : mesure l’écart entre le prix du producteur et le coût marginal de production de la dernière unité produite.
Petit rappel. En CPP, le producteur maximise son profit lorsque p=Cm mais en situation de monopole (nous le verrons bientôt), le profit est maximisé dans une situation où p>Cm. Plus une entreprise à la capacité de fixer un prix supérieur à son coût marginal, plus elle détient de pouvoir sur le marché. L’indice de Lerner est compris entre 0 et 1. En effet en CPP, p=Cm,
donc ILerner = 0
En situation de monopole, l’entreprise génère un écart entre le prix et le Cm et l’indice de Lerner se rapproche sans jamais l’atteindre, du « 1 ».
L’indice de Lerner calcule donc le poids du pouvoir de marché dans le prix de vente du producteur.
Imaginons une situation dans laquelle l’entreprise vend sa production 100 euros et que le coût marginal de la dernière unité produite s’élève à 80 euros.
p- Cm = 100 – 80 = 20
Sur les 100 euros qui forment le prix du bien, 20 euros résultent de la capacité de l'entreprise à s'extraire de la concurrence.
Que représente ces 20 euros dans le prix de vente final de 100 euros ?
20/100 = 0,2
Le pouvoir de marché de notre entreprise contribue à 20% de la formation de son prix.
2) Les parts de marché
Doc.2 p.40 (Doc un nombre limite d offreurs)
En 2018, dans le monde, d'après WSM, sur 100 smartphones vendus, 23,4 sont des Samsung.
4-334,3 x 23,4/100 = 78,2
!!! part de marché = (nombre de smartphones vendus par Samsung / nombre de smartphones vendus dans le monde ) x 100 = part relative = (sous-ensemble/ensemble) x100
Au premier trimestre 2028, Samsung a vendu 78,2 millions de smartphones.
5-23,4 + 15,6 + 11,8 + 8,4 + 7,1 = 100 – 33,7 = 66,3
Les cinq premiers producteurs de smartphones se partagent donc 66,3% du marché.
6-atomicité
Part de marché : la part de marché d’un produit ou d’une entreprise sur un marché donné correspond au pourcentage de ses ventes (en valeur ou en volume) par rapport au total des ventes observées sur le marché.
II/ Les sources du pouvoir de marché
A) Un nombre limité d’offreurs présents sur le marché accroît le pouvoir de marché (parts de marché)
Doc.2 p.40
S’il y a beaucoup d’acteurs sur un marché, alors il est facile d’y entrer mais le pouvoir de chacun sera faible car la concurrence sera forte. A l’inverse, si le nombre d’acteurs est limité sur un marché, il est en général difficile d’y faire son entrée, les entreprises déjà présentes ayant de grandes parts (du fait de barrières à l’entrée comme les brevets qui protègent les entreprises déjà en place), mais si on y entre le pouvoir y sera plus important (augmentation des parts de marché par rapport à CPP car innovation).
Pouvoir de marché du Monopole > oligopole > CPP
B) Recherche de compétitivité
Pour accroître leurs parts de marché les entreprises doivent être compétitives.
Compétitivité : capacité à gagner des parts de marché. On distingue deux types de compétitivité : la compétitivité-prix (qui consiste à avoir un prix inférieur à ceux des concurrents) et la compétitivité hors-prix (ou qualité, qui consiste à offrir un bien de meilleur qualité ou qui se différencie des concurrents du fait d’une innovation).
1) Compétitivité prix
Doc.wall mart (Doc wallmart la guerre des prix)
C'est la guerre des prix entre Wall mart et Amazon. Wall mart, le géant américain de la distribution, s’attaque à Amazon (spécialiste en livres) en mettant sur le marché 10 ouvrages en précommandes au prix de 10 $ au lieu des 25 à 30 $ proposés en moyenne. Quelques jours plus tard, Amazon s’aligne sur le prix de 10 $ mais dans l’heure qui suit Wall mart passe à 9 $.
Ici la stratégie consiste à réduire les marges pour réduire le prix afin de gagner des parts de marché. Plus tard, il sera temps de réaugmenter le prix.
Pour l’ensemble des acteurs du secteur cette stratégie peut s’avérer négative. Tout d’abord, cette guerre des prix met en difficulté les acteurs de la distribution, les petits libraires de centre-ville qui sont incapables de s’aligner sur de telles niveaux de prix puisqu’ils ne réalisent pas les mêmes économies d’échelle que Wall-Mart (les économies d’échelle correspondent à une baisse du coût unitaire liée à une augmentation du volume de la production, car le producteur, en produisant en masse achète ses consommations intermédiaires à moindre coût). Par ailleurs, les écrivains peuvent également être négativement impactés par cette stratégie de guerre de prix.
jeudi 13 novembre 2025
Pour accroître sa compétitivité-prix, les entreprises mettent en place des innovations de procédés, c'est à dire des techniques de production plus efficaces :
L'innovation de procédés conduit donc à une baisse du coût unitaire de production (coût moyen) et cette situation offre deux possibilités :
-baisse du prix de vente avec même marge bénéficiaire⇒augmentation des ventes ⇒augmentation du profit (c'est cette première solution qui nous intéresse)
-même prix de vente avec augmentation du bénéfice unitaire ⇒ même volume de vente ⇒ augmentation du profit
2) compétitivité hors prix
doc.4 p.41
On se différencie par le produit (qualité), par le service, par la marque (attachement, représentation).
Par ailleurs, on distingue :
-Différenciation verticale : elle porte sur les différences de revenus (fromages affinés de qualité ou industriels ; haute couture présente dans le prêt-à-porter ; modèle haut de gamme pour les voitures).
-Différenciation horizontale : la différenciation porte sur les différences de goûts pour des revenus identiques (goût plus ou moins fort du Comté ou du Roquefort ; pulls à col rond ou en « V ».
Stratégie de différenciation (remise en cause de l’hypothèse d’homogénéité : la plus petite différence rend les produits incomparables : attraction pour les consommateurs sensibles petite différence : possibilité d’augmenter les prix : augmentation des profits)
Cela passe par des campagnes de publicité ou par des efforts en matière d’innovation. L’image du produit reflète alors la compétitivité hors prix du produit (importance de l’image de marque/ qualité).
Les entreprises différencient également leur produit de manière apparemment superficielle par la publicité, la présentation du produit, son conditionnement, etc. dans ces cas, le bien est objectivement proche de celui du concurrent mais il possède néanmoins une valeur particulière aux yeux des acheteurs. Cette valeur particulière peut naître de la réputation de la marque qui limite l’incertitude du consommateur confronté à l’imperfection de l’information. Elle peut aussi se forger dans l’association du produit à des valeurs positives dans l’esprit des acheteurs.
La différenciation des produits mène ainsi à la segmentation des marchés, c'est-à-dire à leur division en sous-ensemble séparés.
C) Les ententes (la coopération)
Doc.3 p.41
Dans le cas d’un oligopole, les vendeurs peuvent choisir la collusion (ou l’entente) lorsqu’ils coopèrent pour augmenter mutuellement leur profit. Un cartel est un accord entre plusieurs producteurs qui permet de limiter la production et d’augmenter le prix de vente de manière à accroître leurs profits respectifs.
Remise en cause de l’hypothèse d’atomicité et de transparence. Et remise en cause du principe même de la concurrence où l’ennemi est le concurrent. Ici, l’ennemi c’est le consommateur.
Coopération : stratégie visant à s’entendre sur des objectifs communs. La coopération entre entreprises permet des accords sur les prix ou sur les territoires géographiques. Si elles s’entendent sur le prix, elles peuvent maintenir des prix élevés pour réaliser des profits, si elles se partagent le marché sur des territoires chacune pourra décider de son prix.
Type d’ententes :
-si légale : coopération : joint-venture
-Si illégale : cartel
Détection par la clémence : loi du 15/05/2001 qui permet le démantèlement du cartel des lessives, de l'acier, de la production en contre-plaqué, du déménagement et de la production de portes. Un participant au cartel, se dénonce ainsi que ses concurrents (associés du cartel) afin d'obtenir des mesures de clémence de la part de l'Autorité de la Concurrence. Dans l’union européenne la politique de la concurrence s’exerce vis-à-vis des entreprises mais elle concerne également les interventions étatiques. Il s’agit d’une part de réprimer les pratiques anti- concurrentiels des entreprises, d’autre part de contrôler la structure des marchés et d’empêcher les distorsions. Ex cartel du fret aérien : 12 compagnies aériennes s’étaient entendues sur les tarifs du fret aérien (transports de marchandises), Air France-KLM doit payer 339,5 millions d’euros d’amendes sur les 799 millions d’euros d’amendes au total. Sur les 27 compagnies mises en cause, 12 vont être finalement épinglées, Cas intéressant de Lufthansa, compagnie à l’origine de l’entente mais qui la dénoncera et se verra ainsi échapper à toute sanction financière.
Les entreprises peuvent avoir intérêt à coopérer car cela peut leur permettre de baisser leur coût unitaire de production. L'association entre deux pétroliers permet de réduire pour chacun d'eux leur coût de prospection, de forage et de production. Ainsi, le coût unitaire de production diminue et deux cas de figure sont possibles (on peut reprendre le schéma des innvoations de procédés) :
-baisse du prix de vente avec même marge bénéficiaire⇒augmentation des ventes ⇒augmentation du profit
-même prix de vente avec augmentation du bénéfice unitaire ⇒ même volume de vente ⇒ augmentation du profit
exemple de Joint venture : Tri Star (Columbia, HBO, CBS) : production et distribution de film.
Les stratégies des entreprises sont complexes. Quand la coopération est possible, elles ont intérêt à s’entendre. Les bénéfices gagnés par cette entente (équilibre coopératif) sont bien supérieurs à ce qu’il serait en situation de concurrence, comme le suggère la théorie des jeux.
Lorsque la coopération n’est pas possible, les entreprises doivent tenir compte du comportement des concurrents.
D. Les barrières à l’entrée
1) les barrières naturelles (elles ne sont pas le fruit d’une stratégie)
Doc.1 p.40
1-l’hypothèse de al CPP qui est remise en cause est la libre entrée/sortie : fluidité. Idée de barrière : donc remise en cause de la fluidité (libre entrée/sortie)
2- les barrières qui protègent De Beers sont essentiellement le droit de propriété dont De Beers bénéficie sur les mines de diamant, mais également le fait que les ressources disponibles sont limitées.
3-ils risquent de coûter très cher.
On retient deux grandes barrières naturelles :
-Structure en réseaux avec coûts fixes importants : rendements croissants et coûts marginaux décroissants. Le coût moyen est décroissant car une fois le réseau construit, chaque utilisateurs (consommateurs) supplémentaire fait baisse le coût moyen. Cela signifie donc que le coût marginal est décroissant, ce qui permet à l’entreprise de pratiquer des prix très faibles empêchant toute entrée sur le marché.
-ressources productives limitées.
On parle de monopole naturel.
2) les barrières légales
Existence de lois pour protéger à la fois les consommateurs mais également les producteurs (droit de propriété, et notamment le brevet - il existe indépendamment de la stratégie de l’acteur : on ne peut copier son produit et le concurrencer). On parle de monopole institutionnel ou de monopole d’innovation.
3) Les barrières artificielles (elle sont le fruit d’une stratégie)
a) les barrières peuvent être légales :
-liées aux stratégies d’innovation (ce qui permet de déposer des brevets) et de concentration des entreprises
Attention, on distingue 3 types de concentration :
-horizontale : rachat d’une entreprise située sur le même marché
-verticale : rachat d’un client ou d’un fournisseur (on parle firme intégrée)
-conglomérale : à la fois horizontale et verticale, exemple : LVMH (Louis Vuitton, Moët, Hennessy, Dior, Givenchy, Bulgari, Tag heuer, Sephora, le bon marché, Château Yquem, ….)
Toutes ces formes de concentration permettent au groupe ainsi formé d’accroître son pouvoir de marché.
t.à.f pour le 18/11 : préparer le DS (programme : chapitre I)
mardi 18 novembre 2025
b-Ou illégales :
Abus de position dominante. Doc. Un abus de position dominante (Doc l abus de position dominante un exemple) :
On distingue trois type d'abus de position dominante :
-dissuasion à l’entrée (empêcher ou retarder l’entrée sur le marché de ses concurrents pour maintenir sa position dominante : fixation de prix bas ou lancement fréquent de nouveaux produits, couverture du marché par la multiplication des produits (remise en cause de l’hypothèse de libre entrée/sortie).
-forclusion de marché (refus d’une firme intégrée de vendre une ressource rare à l’un de ses concurrents ou vente à prix prohibitif : solvent occupait une position dominante dans la production d’une matière première qu’elle vendait à des entreprises produisant l’éthambuthol et stoppe l’approvisionnement de firmes concurrentes.
-prix prédateurs (prix temporairement faibles pour forcer une firme à sortir du marché afin d’obtenir le monopole).
Q2 : Les monopoles définissent-ils les prix du marché et sont-ils efficaces ?
O2 : Comprendre que le monopole est faiseur de prix et être capable de donner des exemples de monopoles (monopole naturel, institutionnel, d’innovation)
O3 : Comprendre, à l’aide de représentations graphiques et/ou d’un exemple chiffré, que l’équilibre du monopole n’est pas efficace.
I/ le monopole : approche microéconomique
A) Il est faiseur de prix et cela change tout à la stratégie de l’entreprise (programme de maximisation des profits)
• Que se passe-t-il en CPP ?
Les entreprises sont price taker. On annonce un prix et les entreprises calculent la quantité à produire pour maximiser leur profit. La recette marginale est égale à la recette moyenne, et donc au prix.
En CPP la stratégie consiste à produire jusqu’à ce que p =Cm. Or à ce stade, p=Rm.
Le prix correspond au chiffre d’affaire réalisé, donc à la recette marginale. Si le prix du bien est 1000 et que l'entreprise en vend une de plus, ses recettes s’accroissent de 1000.
Si l’entreprise vend 10 biens au prix de 1000, alors la recette moyenne est égale à 1000.
Donc, RM = Rm = prix
La courbe de la recette moyenne correspond à la courbe de demande : quantités correspondant aux différents niveaux de prix.
Quantités et prix optimal lorsque la courbe de Cm croise la courbe de demande (prix).
Donc les profits sont maximisés lorsque p=RM = Rm = Cm
On peut faire apparaître un surplus global maximal, composé du surplus du consommateur et du surplus du producteur (aire entre les courbes d'offre et de demande).
• Que se passe-t-il en situation de monopole ?
En situation de monopole, les choses sont différentes. Le monopole est price maker. Il fixe les quantités qu’il met sur le marché et détermine ensuite le prix. Supposons une demande de 10 unités pour un prix de 1000 et de 11 unités pour un prix de 950. Si le monopole produit 11 et non plus 10 il devra baisser son prix de 1000 à 950 pour écouler sa production. Les recettes totales passent de 10 000 à 10 450. La recette marginale est donc de 450. La recette engendrée par la dernière unité vendue est inférieure à celle de la CPP. On ne peut plus dire que p= Rm= Cm= RM.
Prix = RM ≠ Rm
Quelle est la situation dans laquelle le profit est maximal ?
Lorsque le Cm est égale à la recette marginale. En effet, la production d'une unité supplémentaire coûte (Cm) aussi gère qu'elle rapporte (Rm), il n'y adonc aucun intérêt à la produire.
on produit donc jusqu’à ce que le profit soit maximisé, c'est à dire quand : Rm = Cm
Mais alors, c'est comme en CPP me direz-vous ?
Sauf qu’en CPP, Rm = p, donc on produit jusqu’à p =Cm
En situation de monopole, le profit est max quand Rm = Cm (comme en CPP), ce qui définit une quantité à produire. Or, pour écouler cette quantité, le monopole peut fixer un prix supérieur au prix d’équilibre (puisque Rm < p).
B) Représentation graphique
doc. graphique du monopole (Doc schema du monopole)
surplus consommateur en CPP : DCPc
surplus consommateur en monopole : DMPm
surplus producteur en CPP : 0CPc
surplus producteur en monopole : 0RMPm
perte sèche : MRC
Effets sur le marché : augmentation du prix et baisse des quantités. La situation apparaît donc comme moins profitable pour l’ensemble de l’économie. En effet le prix du monopole est supérieur au prix en CPP et les quantités du monopole sont inférieures aux quantités en CPP, on observe donc l’apparition d’une perte sèche tandis que le surplus du producteur augmente et que celui du consommateur diminue.
DS (1 heure)
jeudi 20 novembre 2025
retour sur l'analyse des surplus en situation de monopole : augmentation du surplus du producteur, diminution du surplus du consommateur et appartition d'une perte sèche (donc diminution du surplus global).
II/ les différents types de monopole
A) Monopole naturel
Doc. le monopole naturel (Doc le monopole naturel la distribution de gaz)
1-Si l’entreprise réalise des économies d’échelle alors cela signifie que son coût moyen de production diminue lorsque le volume (l’échelle) de la production augmente. Or si le coût moyen diminue alors cela signifie que le coût marginal diminue également (comme pour une moyenne), ce qui permet à l’entreprise de baisser son prix de vente (barrière à l’entrée).
2-car pas vraiment de stratégie de l’entreprise, les économies d'échelle apparaissent du fait des conditions naturelles de production de l’entreprise dans les activités de réseaux : présence d’économies d’échelle : plus on produit et plus le coût de production unitaire diminue.
Le monopole naturel est un monopole qui a la particularité de bénéficier d’économies d’échelle (on fait des économies lorsque l’on augmente l’échelle de la production : le coût de production unitaire diminue à mesure que les quantités produites augmentent, donc les coûts marginaux sont décroissants). Dans cette situation, le coût moyen diminue quand la production augmente (les rendements d’échelle sont croissants). Une seule entreprise peut fournir l’ensemble du marché tout en restant plus compétitive que les autres concurrents. C’est le cas des entreprises de réseaux (transport ferroviaire, électricité, gaz, téléphone) dont les coûts fixes initiaux sont très élevés mais qui à partir du moment où elles produisent, voient le coût unitaire de production diminuer avec la quantité produite. (ex : tunnel sous la manche, sncf, réseaux de distribution du gaz).
Dans une telle situation, la concurrence est impossible, aucune entreprise n’est en mesure de faire concurrence à l’entreprise déjà en situation sur le marché. Elle ne serait pas rentable étant donnés les coûts fixes initiaux et le fait que le monopole déjà en place à des coûts marginaux décroissants ce qui lui permet d’être très compétitif. La concurrence étant impossible, le monopole est naturel (ce sont ces conditions d’existence : coûts fixes initiaux élevés + économies d’échelle qui lui permettent d’être dans cette situation sur le marché, ce n’est pas le fruit d’une stratégie particulière, artificielle, c’est naturel).
Ainsi, le monopole naturel empêche tout concurrent d’entrer sur le marché en pratiquant une politique de prix très faibles. Lorsqu’il n’est plus en danger, il a tout le loisir de fixer les prix comme il l’entend, de sorte que le surplus du producteur soit le plus élevé possible au détriment bien sûr du surplus du consommateur, ce dernier payant désormais le prix fort imposé par le monopole.
Cette situation justifie donc l’intervention de l’Etat. Ce monopole naturel doit alors dépendre de la puissance publique afin que la logique de maximisation du profit soit remplacée par une autre logique s’inscrivant dans le cadre d’une mission de service public (égalité, universalité, continuité). L’Etat imposera donc à son monopole une tarification plus faible que s’il était privé (on lui impose une tarification au coût marginal). Le monopole public doit faire des profits (c’est une entreprise) mais il ne cherche pas à les maximiser.
Depuis une trentaine d’années, les pays de l’UE ont entamé un processus de libéralisation de certains services publics comme ceux évoqués plus haut, afin de limiter au maximum les surplus des producteurs en situation de monopole sur ces marchés. L’on a ainsi procédé à l’ouverture à la concurrence dans les domaines de la fourniture d’électricité, de gaz, de la téléphonie et même des transports dans certains pays. EDF est donc en concurrence avec DIRECT ENERGIE, LAMPIRIS, PROXELIA, ENGIE, HAPP-E, ENERCOOP, ENERGEM…pour la fourniture d’électricité, et toutes ces entreprises utilisent le même réseau électrique gérer par ERDF (Electricité réseau de France) pour lequel elles doivent payer. Les Etat sont donc bien intervenus pour accroître la concurrence dans ces secteurs a priori sous l’emprise d’un monopole naturel.
La présence d’oligopoles et de monopoles pose un certain nombre de problèmes. Les autorités publiques peuvent alors réglementer le marché en incitant certaines entreprises à maintenir des prix plus bas et des volumes de production plus élevés.
Elles peuvent ainsi contrôler un monopole naturel. Celui-ci doict son existence à des économies d’échelles importantes qui font qu’il est avantageux en termes de coûts que toute la production du secteur soit fournie par une seule entreprise. Les industries de réseaux (télécommunication, électricité, réseaux ferroviaires) qui présentent des coûts fixes élevés en sont un exemple.
Réflexion microéconomique : le monopole récupère le surplus du consommateur
B) Monopole institutionnel (ou légal)
Doc. le monopole institutionnel (Doc le monopole institutionnel les jeux de hasard)
7- jeux de tirage et de grattage ainsi que paris sportifs.
9-raisons d’ordre public (lutte contre la fraude ou le blanchiment d’argent) et de santé publique (lutte contre l’addiction au jeu, protections de mineurs). Avec un monopole les prix seront plus élevés qu’en CPP et cela peut désinciter certains agents à jouer.
Il résulte de la loi ou de mesures réglementaires. L’Etat peut alors accorder des droits exclusifs à une entreprise privée ou publique pour exploiter un service public ou produire des biens et des services (le monopole légal a souvent été un monopole public et naturel). Ex : France télécom, EDF, La poste avant l’ouverture à la concurrence.
C) Monopole d’innovation
Doc. le monopole d'innovation (Doc le monopole d innovation les medicaments)
4-Brevet (+ coûts de R&D importants)
5-sans brevet, pas de recherche (car les coûts de R&D sont importants sans garantie t’en retirer un quelconque profit) et sans recherche pas de médicaments. R&D coûteuse. Personne n’engage de tels frais s’il n’est pas sûr d’en tirer un profit important (donc pas d’imitation) : le brevet est nécessaire pour soutenir l’effort de recherche (rendemet privé du brevet).
6-monopole temporaire car l'innovation majeure entraine d'autres innovations : nouveau médicament avant l’arrivée des médicaments génériques à l’expiration du brevet. (rendement social du brevet lié au caractère temporaire du brevet)
Brevet : un brevet est un titre de propriété industrielle qui offre à son détenteur le droit d’exploiter son innovation de manière exclusive et empêche les autres producteurs de l’exploitation sans son autorisation (licence d’exploitation). En France, les brevets sont délivrés par l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) pour une durée de 20 ans en moyenne. On distingue un rendement privé et un rendement social du brevet.
Innovation de produit → radicale (majeure) →monopole temporaire → possibT de vendre+cher → augmentation des bénéfices
→Incrémentale (mineure)→avantage compétitif→ possibilité de vendre plus cher→ augmentation des bénéfices
Enteprise qui à la suite d’une innovation de produit ou de procédés, se trouve momentanément seule sur un marché. Ce monopole est toujours temporaire car la « rente d’innovation » attire des concurrents. Ex : I-phone en 2007, logiciel Word en 1983…
!!! marché contestable : monopole confronté au risque d’arrivée de nouveaux concurrents puisqu’il n’existe pas de barrières à l’entrée ou à la sortie, ce qui les amène à modérer leur prix pour ne pas attirer des entreprises si leur rente de monopole (profits) et trop élevée. Ex : google qui est obligé d’innover et de se diversifier.
III) Les monopoles sont-ils efficaces ?
Doc. un équilibre inefficace (Doc un equilibre inefficace)
A) Représentation de l’équilibre du monopole
t.à.f pour le 25/11 : préparer les questions du document sur l'équilibre inefficace.
mardi 25 novembre 2025
correction du DS du 18/11
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III) Les monopoles sont-ils efficaces ?
Doc. un équilibre inefficace (Doc un equilibre inefficace)
A) Représentation de l’équilibre du monopole
1-L’entreprise subit une contrainte, celle de la maximisation des profits, qui définit la quantité optimale. Une fois cette production réalisée, le monopole est libre de fixer son prix.
Rm=Cm fixe la quantité à vendre pour maximiser le profit, puis fixation du prix correspondant. Donc le monopole choisit bien la quantité, mais le prix dépend de la courbe de demande.
2-8 millions de carats c’est la quantité de carats pour laquelle Rm = Cm. Dans cette situation le profit est maximum.
3-Profit = RT -CT
RT = Qm x pm = 8 x 600 = 4 800
CT= CM x Qm = 200 x 8 = 1 600
Profit = 4800 – 1600 = 3200
Zone dans laquelle la Rm est > au Cm
4-car en situation de CPP la Rm est égale au prix. Chaque bien supplémentaire vendu rapporte la même chose que les précédents : le prix de marché (d’équilibre). Le point d’intersection entre le Cm et la Rm correspond bien au point d’intersection entre la courbe de l’offre (coût marginal) et celle de la demande (prix = recette marginale = recette moyenne ; relation qui lie le prix à la quantité, donc la recette marginale à la quantité)
B) L'analyse des surplus révèle l’inefficacité du monopole
5-la situation de monopole fait apparaître une augmentation des prix et une baisse des quantités.
6-surplus consommateur en CPP : DCPc
En situation de monopole : DMPm
7-perte sèche (ou coût social du monopole): MCA donc perte sèche pour la société et transfert de bien-être du consommateur au producteur puisque le surplus du consommateur se réduit tandis qu’un surplus du producteur apparaît (PmMAPc).
En CPP:
-Le surplus du producteur est 0
-le surplus du consommateur est DCPc
En situation de monopole :
-le surplus du producteur (la rente de monopole) : en monopole le surplus du producteur est supérieur au surplus du producteur en CPP.
-le surplus du consommateur : en monopole le surplus du consommateur est inférieur au surplus du consommateur en CPP.
-Notons également que le monopole fait apparaître une perte sèche pour l'ensemble de l'économie (consommateur+ producteur) puisque personne ne profite du triangle MRC.
La conclusion de l’analyse est que le profit du monopole est permanent contrairement à la concurrence pure et parfaite. Par ailleurs, la situation optimale pour le monopole (Rm=Cm) n’est pas optimale pour l’économie toute entière. On en déduit :
-la concurrence est préférable au monopole (les prix sont inférieurs et les quantités supérieurs, de plus le monopole fait subir une perte sèche à l'économie)
Q4 : Quelles stratégies pour les entreprises en oligopole ? (pourquoi les oligopoles ont-ils intérêt à former des ententes ?)
O4 : Comprendre ce qu’est un oligopole et, à l’aide du dilemme du prisonnier, pourquoi les firmes en oligopole ont-elles intérêt à former des ententes.
I/ l’oligopole
A) définition
Nous sommes dans un cadre de concurrence imparfaite : quelques vendeurs face à une infinité d’acheteurs. Les entreprises disposent alors d’un pouvoir de marché.
Les marchés de la construction automobile et d’ordinateurs constituent de bons exemples d’oligopoles. Mais également la téléphonie mobile (Orange, Free-iliad-, Bouygues, SFR).
Les oligopoles peuvent soit reposer sur la concurrence et le combat, soit sur la collusion (entente sur les prix ou sur les quantités).
Sur les marchés oligopolistiques, les entreprises ont intérêt à passer des ententes, ou créer un cartel. Elles vont fixer des prix identiques, vendre les mêmes produits ou se répartir les parts de marché. Les entreprises ne sont alors plus véritablement en concurrence et peuvent augmenter leurs profits
B) le duopole
Doc. la guerre des prix entre Airbus et Boeing (Doc la guerre des prix entre airbus et boeing)
1-duopole (oligopole)
2-airbus dépasse Boeing en proposant des remises importantes à ses clients.
jeudi 27 novembre 2025
Doc.1 p.50
1-duopole (oligopole)
2-airbus dépasse Boeing en proposant des remises importantes à ses clients.
3-même logique de compétitivité et produits comparables qui subissent les mêmes fluctuations du marché
Duopole : situation de marché dans laquelle il n’y a que deux entreprises confrontées à une infinité de consommateurs.
ex : Coca-cola/Pepsi cola ; Airbus (30% des parts de marché)/boeing (39% des parts de marché) ;
II/ des stratégies coopératives
A) Le dilemme du prisonnier
Pour les libéraux, le marché auto régulateur ne nécessite aucune intervention extérieur pour atteindre l’efficacité maximum, la main invisible permettant d’harmoniser les intérêts publics et privés. Rappelons que l’équilibre est considéré comme une situation optimale puisque tout les agents sont satisfaits. Si l’on cherche à améliorer la situation (surplus) de l’un alors on détériore celui de l’autre.
On appelle un équilibre de Pareto une situation où on ne peut améliorer la situation d’un agent sans détériorer celle d’un autre agent (équilibre du marché). En effet, à l'équilibre, tous les agents sont contents, il n'y a ni offre rationnée ni demande rationnée. Si l'on diminue le prix de marché, ceal va améliorer la situation de la demande mais détériorer celle de l'offre. Inversement, si le prix de marché augmente, c'est la situation de l'offre qui s'améliore au détriment de celle de la demande. L'équilibre du marché est donc une situation pareto-optimale.
Or, on peut montrer que le marché ne conduit pas forcément à la meilleure situation possible.
Prenons l'exemple du dilemme des prisonniers (expérience de Bonnie and Clyde). Deux prisonniers contre lesquels la police n'a pas de preuves incontestables se voient proposer le marché suivant. Si les deux avouent, ils feront 10 ans de prison chacun. Si aucun des deux n'avoue, ils feront 5 ans chacun car les preuves sont insuffisantes. Si l'un avoue mais pas l'autre, alors celui qui a avoué sort immédiatement et ne fait pas de prison tandis que l'autre passera 20 ans derrière les barreaux.
| Bonnie / Clyde | Avouer | Ne pas avouer |
| Avouer | A : (10 ; 10) | B : (0 ; 20) |
| Ne pas avouer | C : (20 ; 0) | D : (5 ; 5) |
La logique individualiste qui conduit à l’optimum de Pareto sur le marché ne correspond pas toujours à la situation optimale pour les acteurs. La poursuite de l’intérêt individuel ne permet pas toujours d’atteindre l’optimum collectif. En effet, ici, les acteurs ont une stratégie dominante qui repose sur la rationalité et qui consiste à avouer. Quel que soit ce que fait l'autre, chaque prisonnier a toujours intérêt à avouer. Si A avoue, B a intérêt à avouer (il fera 10 ans au lieu de 20). Si A n'avoue pas, B a toujours intérêt à avouer (0 au lieu de 5). Avouer est donc une stratégie dominante pour les deux acteurs. Si les deux agents se comportent de manière individualiste, égoïste et rationnelle, ils seront donc conduit vers une situation sous optimale pour la société (avoue; avoue), alors qu'ils auraient plutôt intérêt à ne pas avouer. On montre ainsi que la rationalité peut parfois conduire à des situations sous-optimales.
Ainsi, le dilemme du prisonnier montre que si les deux joueurs sont rationnels et qu'ils trahissent leur compère, le résultat est moins favorable que s'ils avaient coopérer.
La meilleure situation correspond au cas D où aucun des deux n'avoue. On se trouve alors dans une situation optimale au sens de Pareto car il est impossible d'améliorer la situation de l'un des agents sans détériorer celle de l'autre. Mais le jeu ne conduit pas à cette situation.
Si la rationalité l'emporte les deux prisonniers vont avouer car chacun poursuit sa stratégie dominante. On se trouve alors au cas "A" qui apparaît moins satisfaisant que la cas "D". La solution "A" est alors sous-optimale au sens de Pareto. Il est en effet possible d'améliorer la situation de l'un des deux sans détériorer celle de l'autre, il est possible d'améliorer la situation des deux agents en passant de A à D. Le cas "A" correspond ici à un équilibre de Nash (sous optimale au sens de Pareto). L'équilibre de Nash correspond à la situation où chaque agent offre la meilleure réponse possible étant donné ce que fait l'autre (lien avec la stratégie dominante des agents). On le définit comme une situation où il est impossible pour chaque agent d'améliorer la situation par un changement unilatéral de stratégie.
Application du dilemme des prisonniers :
- en économie : deux entreprises en concurrence se demandent si elles doivent se lancer dans une guerre des prix (cas A) ou coopérer (cas D). Si elles se font la guerre, elles seront toutes les deux perdantes par rapport à la situation où elles coopèrent en maintenant des prix élevés, leurs profits respectifs seront moins importants.
- en sport : l'échappée de deux cyclistes sur le tour de France. Soit ils coopèrent, se relayant à tour de rôle à l'avant pour maintenir un rythme élevé et garder la distance avec le peloton, soit ils raisonnent de manière individualiste en cherchant à profiter de l'aspiration de celui qui est devant sans prendre de relais pour ne pas se fatiguer en vue du sprint final mais alors le risque est de se faire rattraper par le peloton.
-sur le marché de l'information : les médias ont tendance à privilégier la rapidité de l'information (pour faire un scoop) à la qualité de l'information (information vérifiée).
-en géopolitique : guerre froide, course à l'armement, la question étant de savoir s'il faut avoir une armée ou pas. Si les deux pays n'ont pas d'armée, tout le monde y gagne et si les deux font la course à l'armement les coûts économiques d'abord, humains ensuite, peuvent être considérables.
Le dilemme du prisonnier montre que la coopération est bénéfique pour les entreprises, mais instable ; en effet, chaque entreprise a intérêt à se comporter en passager clandestin et à ne pas respecter l’accord. Chacune réalisant le même calcul, l’entente est très précaire.
B) Application à l’oligopole (duopole)
Doc.1 p.48
1-(3 ;3) : coopération, les deux entreprises s’entendent sur le prix de 30 euros. C’est le prix le moins compétitif (prix plancher, en dessous duquel l’entente interdit d’aller) mais la compétition n’a plus lieu d’être puisqu’il y a entente. Avec de tels prix, les profits sont garantis, donc tout le monde y gagne.
(-1 ;4) : l’un joue le jeu et coopère et l’autre triche et rompt l’accord en proposant un prix deux fois plus faible sur le marché : il sera donc deux fois plus compétitif que le concurrent, il gagnera des parts de marché et verra ses profits s’envoler tandis que l’autre perdra sa clientèle et verra ses revenus diminuer drastiquement.
(1 ;1) : les deux ont finalement décidé de tricher et de ne pas respecter l’accord, ils baissent tous les deux le prix. La situation est donc la même qu’en situation de coopération (même prix) mais avec des prix bien plus faibles et donc des marges unitaires bien plus réduites : réduction des profits.
2-quelle est la stratégie dominante pour chaque joueur ? elle consiste à faire la guerre. Si A fait la guerre, B a intérêt à la faire aussi (1>-1) et si A coopère, B a également intérêt à faire la guerre (4>3)
3- Quel est l’équilibre de Pareto ? l’équilibre de Nash ? Le jeu conduit-il à un équilibre de Nash ou de Pareto ?
L’équilibre de Pareto correspond à la situation (3 ;3), c’est la coopération. Il est alors impossible d’améliorer la situation d’un agent sans détériorer celle de l’autre agent. Mais il correspond aux situations (4;-1) et (-1 ;4) que "nous" jugeons souvent comme moins satisfaisante, mais pas "l'économie".
L’équilibre de Nash correspond à la situation (1 ;1), guerre des prix, où il est impossible pour chaque agent d'améliorer la situation par un changement unilatéral de stratégie.
Le jeu conduira vers l’équilibre de Nash puisque chaque acteur à la même stratégie dominante (faire la guerre des prix).
Question 2 (du livre)-si les entreprises coopèrent, leur situation globale est optimale au sens de Pareto. Elles fixent un prix supérieur au prix d’équilibre, et elles gonflent artificiellement les profits.
Question 4 – il est impossible de savoir quand le jeu va se terminer sur un marché oligopolistique dans la vie réelle.
Sur un marché oligopolistique, les firmes ont intérêt à s’entendre pour imposer un prix le plus élevé aux consommateurs et ainsi augmenter conjointement leurs profits. Le dilemme du prisonnier -structure de jeu dans laquelle chaque joueur a intérêt individuellement à ne pas coopérer même si collectivement les deux joueurs auraient intérêt à le faire- montre toutefois que cet équilibre n’est pas toujours stable. Chaque firme a en effet, individuellement intérêt à ne pas respecter les termes de l’accord.
Ces ententes seront d’autant plus probables que le nombres d’entreprises est limité, que le bien est peu différenciable et que l’horizon du marché est long.
Problème du jeu :
-si l’une trahit, l’autre ne fera plus confiance
Que se passe-t-il sur le long terme ?
-Si on admet que le jeu est répété, quelle sera l’effet de menaces de rétorsion de la part de B-Telecom sur le comportement de son concurrent ? la répétition du jeu peut faire prendre conscience des pertes occasionnées par une stratégie de défection (non coopérative) et incite davantage à la coopération.
-la répétition et les menaces évitent-elles que les menaces soient un dilemme du prisonnier ? D’un strict point de vue rationnel, chacun peut craindre que l’autre ne fasse défection au dernier coup de jeu. Mais si chacun a la conviction que l’autre fera défection au dernier coup, il a intérêt lui-même à faire défection à l’avant dernier coup, et ainsi de suite. Rationnellement, chacun a donc intérêt à faire défection, et ce, dès le premier coup.
Le dilemme du prisonnier montre que la coopération est bénéfique mais instable ; en effet, chaque entreprise a intérêt à se comporter en passager clandestin et à ne pas respecter l’accord. Chacune réalisant le même calcul, l’entente est très précaire.
C) Etente et segmentation du marché
doc.3 p.49
!!! 3 situations possibles pour nos deux marchands de glace :
t.à.f pour le 02/12 : présentez les trois situations possibles pour les deux marchands de glace et préparer l'IE