- Accueil
- Pages
- Cahier de texte
- février
février
mardi 3 février 2026
correction du DS du 27/01
retour au cours
Les femmes font l'objet d'une double ségrégation sur le marché du travail :
-ségrégation horizontale : les choix d'orientation des filles résultent d'anticipations raisonnées qui les poussent à choisir certains types de métiers. (61% des actives occupés dans 6 professions différentes : institutrices, services aux particuliers, employés administratifs, employés de commerce, employés d’entreprises, professions de la santé -infirmières).
Phénomène qui résulte essentiellement de la socialisation différenciée dont elles ont fait l'objet, les poussant à ne pas se mettre en avant, à faire preuve d'altruisme et de don de soi, ainsi qu'à des anticipations raisonnées (les filles se projettent dans leur futur rôle de mère et d'épouses lorsqu'elles font leur choix d'orientation), ainsi elles ne choisissent pas les carrières les plus prestigieuses menant aux postes à haute responsabilité car elles anticipent un besoin de temps à consacrer aux tâches domestiques que seul un emploi à hiérarchie moyenne ou basse peut leur offrir.
-ségrégation verticale : les femmes subissent une double inégalité : salariale et hiérarchique, vis à vis des hommes.
A niveau de qualification et de hiérarchie identique les femmes gagnent moins que les hommes. Ainsi, le salaire moyen de femmes est inférieur de 25% à celui des hommes. Cette différence s'explique en partie par le fait que les femmes occupent des emplois globalement moins rémunérés (dans le secteur des services, postes à faibles qualifications), plus souvent que les hommes en CDD et plus souvent que les hommes à temps partiel, ce qui explique l'écart de rémunération (un emploi à mi-temps est moitié moins payé qu'un emploi à temps plein). Si l'on compare à temps de travail équivalent, alors l'écart tombe à 19%. Enfin, si l'on compare toute chose étant égale par ailleurs, à postes identiques et qualifications identique, dans le même secteur d'activité, la différence devient inférieure à 10% mais elle est toujours là. C'est bien là le signe que l'entreprise reproduit les discriminations que la société fait peser sur les femmes.
Par ailleurs, à niveau de qualification identique une femme a moins de chance de connaître une promotion qu'un homme.
Les femmes sont donc confrontées à un plafond de verre qui les empêche de progresser dans la hiérarchie de l'entreprise ainsi qu'en termes de rémunération. Elles sont bloquées mais elles voient ce qui se passe au-delà du plafond.
Le sexe est la donnée biologique qui distingue l’homme de la femme.
Le genre est le construit social qui sépare le masculin du féminin. On peut considérer le genre comme un nouveau critère de classification sociale à partir du moment où les attributs du féminin sont utilisés et exploités pour cantonner les femmes dans certains métiers et certains segments de la structure socioprofessionnelle.
Q2 : Quelles sont les conséquences sur la socialisation des enfants, de l’évolution des configurations familiales ?
O2 : comprendre comment la diversité des configurations familiales modifie les conditions de la socialisation des enfants et des adolescents.
I/ la diversité des formes familiales en France et selon les sociétés
A) En France
Doc.1 p.158 (!!! j'ai oublié de prendre une photo du document de votre manuel, avec les données actualisées, le commentaire qui suit correspond donc aux données de 2014 ; je modifierai les données jeudi)
En 1990, en France, d'après l'INSEE, sur 100 familles avec enfants de moins de 18 ans, 11,9 sont des familles monoparentales, tandis que 88,1 sont des couples. En 2014, sur 100 familles avec enfants, 3,5 sont des familles monoparentales avec un homme comme chef de ménage et 18,1 sont des familles monoparentales avec une femme comme chef de ménage. On remarque que la part des familles monoparentale où le chef de ménage est un homme augmente au cours de la période 1990/2014. En effet, ces structures représentaient 11,8% des familles avec enfants en 1990 (1,4/ 11,9 x 100 = 11,8) alors qu'elles en représentent 16,1% en 2014 (3,5/21,7 x100 = 16,1). Tout cela vérifie ce que nous avons pu dire en termes de socialisation différentielle des sexes. Cette socialisation est aujourd'hui moins différenciée qu'autrefois, il est donc logique de voir une part plus importante de femmes divorcées renoncer à leur rôle de mère à plein temps en choisissant de ne pas avoir la garde des enfants. Elles souhaitent de plus en plus, comme les hommes, se consacrer à leur vie professionnelle et à leur épanouissement personnel.
En France, en 2011, d'après l'INSEE, sur 100 enfants, 10,7 vivent dans une famille recomposée.
En France, en 2014, d’après l’INSEE et l’INED, sur 100 familles avec enfant(s) de moins de 25 ans, 23,3 sont des familles monoparentales.
En France, en 2015, d’après l’INED, sur 100 familles avec au moins un enfant de moins de 18 ans, 3,7 ont 4 enfants ou plus.
Configuration familiale : ce sont les différentes formes que peuvent prendre les familles. On distingue les familles monoparentales, recomposées et traditionnelles. Mais l’on peut également faire référence à la taille de la fratrie.
En 2011, d’après l’INSEE, sur 100 enfants 71 vivent dans une famille traditionnelle, 11 dans une famille recomposée et 18 dans une famille monoparentale. De plus, sur 100 familles, 9,3 sont recomposées.
Famille recomposée : elle comporte un couple d’adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d’une précédente union et de l’un des conjoints célibataires.
Parenté : au sens courant, personnes considérées comme des parents par un individu donné (on parle de parentèle). Au sens sociologique, il s’agit de l’ensemble des relations définies par la filiation (descendance/ascendance) et par l’alliance (mariage, pacs, concubinage et les relations qui en découlent).
Famille : selon l’insee, une famille est un ménage comportant au moins deux personnes et constituée soit d’un couple marié ou non, avec ou sans enfants, soit d’un adulte avec un ou plusieurs enfants : filiation, alliance, corésidence.
Un ménage : selon l’insee, ensemble d’individus liés par un lien de filiation ou d’alliance, ou non, vivant sous le même toit. Une personne seule (célibataire) forme un ménage.
B) Dans le monde
Doc.1 p.156 + un peu de lecture...
Les mille et une règle de la famille : Polyandrie (régle d’alliance permettant à une femme d’épouser plusieurs hommes), polygynie (règle d’alliance permettant à un homme d’épouser plusieurs femmes, polygamie (règles d’alliance permettant à un individu d’avoir plusieurs conjointes) ; système matrilinéaire, patrilinéaire, indifférencié (filiation).
Chez les Yoruba du Nigeria, une femme riche et non stérile peut légitimement épouser d’autres femmes et ainsi avoir de façon substitutive de nouvelles descendances. Elles peuvent donc acquérir des épouses qu’elles poussent à se mettre en ménage avec un homme. Quand des enfants naissent, la femme, « époux» légal, les revendique, et les procréateurs réels, s’ils veulent les garder, doivent la payer grassement.
Chez les Na en chine, pas de mariage, le foyer conjugal est inconnu puisque chacun reste chez soi, on reste toute sa vie dans la maison maternelle, les relations amoureuses se limitent aux visites nocturnes-on gratte à la porte, le père est vaguement connu et la fidélité est une hérésie.
Chez les Senufos de côte d’ivoire on parle de visiting husband, système matrilinéaire et polygame, chaque conjoint reste dans sa famille d’origine qui est alors la vraie unité sociale de production. Le soir, les maris rejoignent à tour de rôle, un par jour, leurs épousent qui cuisinent pour eux.
Chez les Indiens Tupi-Kawahib du Brési, un homme peut épouser simultanément ou en succession plusieurs sœurs, ou une mère et sa fille d’une précédente union. Ces femmes élèvent en commun leurs enfants sans guère se soucier, m’a-t-il semblé, si l’enfant dont telle ou telle femme s’occupe est le sien ou celui d’une autre épouse de son mari. La situation symétrique prévaut au Tibet où plusieurs frères ont en commun une seule épouse. Tous les enfants sont attribués à l’aîné, qu’ils appellent père. Ils appellent oncle les autres maris. Dans de tels cas, la paternité ou la maternité individuelle sont ignorées, ou l’on n’en tient pas compte.
Dans certaines populations africaines, il existe un mariage légal entre femmes. C'est le cas chez les Nuer soudanais, patrilinéaires (la reconnaissance de la filiation passe exclusivement par les hommes) où la fille n'est même pas considérée comme appartenant au groupe de son père, sauf si elle est stérile ; dans ce cas elle compte comme un homme. Le mariage légal est sanctionné par le paiement d'une dot en bétail ou " prix de la fiancée " (1, versée par le mari aux parents paternels de son épouse. La femme stérile perçoit aussi, comme " oncle " paternel, des parts des dots versées pour ses nièces, filles de frères. Avec ce capital, elle peut à son tour acquitter le " prix de la fiancée " pour une jeune fille qu'elle épouse légalement et pour laquelle elle accomplit les rites officiels du mariage. Elle lui choisit un homme, un étranger pauvre, pour cohabiter avec elle et engendrer des enfants. Ces enfants sont les siens et l'appellent " père " et elle leur transmet son nom. Son épouse l'appelle " mon mari ", lui doit respect et obéissance, la sert comme elle servirait un véritable mari. Elle-même administre son foyer et son bétail comme un homme le ferait. Au mariage de ses filles, elle reçoit à titre de " père " le bétail de leur dot et remet, pour chacune, au géniteur la vache, " prix de l'engendrement ". Le géniteur ne joue aucun rôle autre que celui pour lequel il a été requis et ne tire de ce rôle aucune des satisfactions matérielles, morales et affectives qui lui sont, ailleurs, liées. Toujours chez les Nuer soudanais, si un homme mourait célibataire ou sans descendance, un parent proche pouvait prélever sur le bétail du défunt de quoi acheter une épouse. Ce «mariage fantôme», comme disent les Nuer, l’autorisait à engendrer au nom du défunt, puisque ce dernier avait fourni la compensation matrimoniale créatrice de la filiation.
chez les Mossi de Haute-Volta, dans de grandes familles polygames, on établit, après le sevrage, une répartition des enfants entres les différentes co-épouses : même celles qui sont stériles ou qui ont perdu leurs enfants ont à élever des enfants qui ne sont les leurs, mais qu'elles chérissent comme leurs et qui, parvenus à l'âge adulte, ne se connaissent d'autre mère que celle qui les a élevés.
jeudi 5 février 2026
Interrogation écrite (15 minutes)
Une seule règle commune : la prohibition de l’inceste mais là encore, à quel degré de filiation l’inceste apparaît-il ?
Justification de l’exogamie : si alliance dans le groupe 2 pbs : groupe fermé, sans ouverture / pas assez de femmes pour les hommes : risque d’autodestruction.
Si alliance en dehors : ouverture, alliés potentiels (paix), évitement des fratricides et des parricides.
Ccl : exogamie : on se marie en dehors du groupe, le mariage n’est pas une affaire privée mais sociale
!!! littérature : mythe d’Œdipe (Sophocle, Corneille)
II/Un contexte de socialisation qui varie selon la configuration familiale
A) Selon le type de famille
La famille étant essentielle dans la socialisation de l’enfant, il est naturel de se demander quel impact les configurations familiales peuvent avoir sur le déroulement de la socialisation.
1) Dans les familles recomposées
Doc.2 p.159
Selon les configurations familiales les conditions de la socialisation changent pour les enfants ou les adolescents. Dans les familles recomposées par exemple, les enfants sont en relation avec une fratrie plus étendue, mais à géométrie variable, ou leur statut (position) dans la fratrie change et leur rôle aussi.
!!! rôle du père social qui doit se distinguer de celui du père biologique, mais pas complétement. L’objectif reste la transmission de N&V. La difficulté du beau-parent réside dans sa légitimité aux yeux des enfants de son nouveau conjoints.
le rôle du beau-parent est compliqué car :
-soit il en fait trop (usurpation de parentalité)
-soit il n'en fait pas assez : désintérêt
Cette injonction contradictoire peut conduire à la fragilisation du lien conjugal.
Risque de défaut de socialisation si le père biologique est absent et que le père social (beau-père) ne souhaite pas jouer ce nouveau rôle.
Monoparentalité éducative : dans un cadre de famille recomposée, le père ou la mère biologique s’occupe de son enfant et moins de ceux de son conjoint.
Cette diversité des configurations familiales conduit le sociologue à s’interroger sur le rôle des parents (père ou mère), des grands-parents ou encore de la fratrie.
2) Dans les familles monoparentales
Doc.3 p.159
On retient que dans les familles monoparentales :
-il n'y a qu'un seul message socialisateur
-les enfants sont livrés à eux-même
-la socialisation entre pairs est plus forte
En situation de pauvreté, le modèle parentale est fragilisé, délégitimé puisque le parent à des difficulté à assumer son rôle de parent.
Traditionnellement, le père et la mère ne transmettent pas les mêmes normes et valeurs (N&V masculines pour le père, N& V féminines pour la mère). Donc dans le cas de famille monoparentales on peut s’attendre à ce que les enfants soient moins confrontés avec certaines N&V : Absence des agents de référence, donc rôle de l’école ou du club de foot pour se substituer à l’agent manquant.
Problématique de la pauvreté. Difficulté à transmettre les N&V, modèle moins structuré (car il manque un parent), le parent isolé n’a pas le temps de s’occuper de son enfant qui de fait est davantage livré à lui-même. Moins d’interaction, moins d’imitation… l’Etat vient alors se substituer aux défaillances familiales (aides sociales pour les parents isolés). Mais modèle éducatif pour les enfants à discuter !
!!! familles monoparentales : 20% des structures familiales.
B) Selon la place dans la fratrie
Doc.2 p.156
Si l'individu a grandi dans une famille nombreuse, il a plus de chance d'avoir une famille nombreuse à son tour. En général les individus gardent un bon souvenir de leur enfance dans une famille nombreuse (jeux, discussion, grande fratrie qui offre de multiuples potentialités d'alliance...). Mais parfois ce n'est pas le cas et les individus retiennent les restrictions matérielles auxquelles ils ont été confrontés.
L’ainé va bénéficier de plus d’attention que le cadet ou le benjamin, les parents se focalisent plus sur lui. L’ainé a en général reçu plus d’aide au devoir que les petits frères de la part des deux parents.
49% des premiers nés disent avoir travaillé avec leur père, contre seulement 30% des cadets et 38 % des benjamins. Idem pour la mère, 72% des aînés, 58% des cadets et 68% des benjamins.
On sait par ailleurs que les aînés ont en général des niveaux de diplômes supérieurs à leurs petits frères et sœurs.
Les configurations familiales et la place dans la fratrie de même que le genre (on pousse moins la fille à faire des études que le garçon), ont une influence sur la socialisation et la réussite à l’école.
C) Les couples mixtes
Doc.4 p.157
Couple mixte : couple formé de deux personnes aux origines ethniques différentes.
7-difficile de trouver sa place et son identité lorsque l’on naît d’un couple mixte (culture africaine ? occidentale ? asiatique ?). Les parents comptent le plus souvent sur l’école pour transmettre les normes et valeurs de la société française et ils se concentrent sur l’identification à la culture d’origine en transmettant les valeurs, les prénoms, la religion, le mode de vie de la culture d’origine.
8-le choix du prénom est un marqueur social qui aura des conséquences dans la vie de l'enfant, et qui révèle soit une volonté de s’intégrer pour ceux qui portent des prénoms français (cas des asiatiques) soit une volonté d’identification à la culture d’origine (cas des africains). Possible volonté d’intégration au quartier en conservant le prénom d’origine (communautarisme), et donc refus de l’assimilation. Le choix du prénom est un choix lourd de conséquence puisque l’on sait que le prénom est un facteur majeur de discrimination à l’embauche et au logement.
9-Pluralité des N&V parfois contradictoires entre les deux cultures, ce qui les rend plus difficiles à intérioriser et à réexploiter dans des contextes différents.
problématique de l'intégration dans le cas des couples mixtes : la double absence (titre de l'ouvrage) évoquée par A. SAYAD, l'enfant d'immigrés ne se sent chez lui ni dans le pays d'accueil, ni dans le pays d'origine.
mardi 10 février 2026
correction de l'IE du 05/02
III/ crise de la famille ? crise de la socialisation ?
A) quels seraient les signes de cette crise ?
Les signes d’une possible crise de la famille : augmentation du nombre de divorces, augmentation des familles monoparentales et recomposées, augmentation du nombre de naissances hors-mariage, augmentation des PaCS, diminution du nombre de naissances, baisse des mariages.
B) mutation de la famille et éventuellement possible crise du couple
En réalité, il n’y a pas de crise de la famille, peut-être crise du couple (vie familiale séquencée). La famille continue à assurer ses principales fonctions économiques et sociales même s’il est vrai que de nombreuses institutions (comme la Sécurité Sociale ou l’Etat redistributeur) assurent une aide qui était autrefois offerte par la famille. La famille évolue, elle se transforme comme elle l'a toujours fait au gré des mutations de la société.
Possible effet sur la socialisation des enfants qui ont besoin des deux modèles, mais pas forcément père ou mère biologique, le père/mère social peut faire l’affaire pour transmettre ces N&V.
Q3 : Pourquoi la socialisation dure-t-elle toute la vie ? Pourquoi est-elle un processus inachevé ?
O3 : comprendre qu’il existe des socialisations secondaires (professionnelle, conjugale, politique) à la suite de la socialisation primaire.
I/ La socialisation secondaire
A) Les rôles et les statuts
Statut : position occupée par un individu dans un groupe social.
Rôle : modèle de comportement conforme aux attentes que peuvent avoir les membres de la société, en fonction du statut de l’individu. Comportement attendu par le groupe en fonction du statut social
Si la famille prépare l'individu à la vie en groupe en lui permettant d'intérioriser certaines normes et valeurs comme l'autonomie, le respect des autres, l'autorité, la propreté, le langage, de sorte qu’il puisse s’intégrer à la société, l'école de son côté, doit préparer l'individu à son entrée dans la vie active et à la vie professionnelle. A l'école, déjà, l'individu va donc changer de statut (il quitte son statut d'enfant et entre dans celui d'élève) et il devra jouer des rôles différents auprès des différents acteurs de l'école (camarades, amis, professeurs, vie scolaire, administration..) . Or chacun de ces rôles est défini par un ensemble de normes et de valeurs dont l'individu va devoir faire l'apprentissage. L'élève se doit ainsi d'être assidu, ponctuel et régulier dans son travail vis à vis de son enseignant, mais il doit être solidaire et altruiste vis à vis de ses camarades et amis. A chaque statut correspond donc un ensemble de rôle et à chaque rôle correspond un ensemble de normes et de valeurs.
statut d'enfant (S1) :
-rôles : R1vis à vis de parents (respect→ obéissance, politesse ; solidarité→ aide; langage); R2 vis à vis du grand frère (complicité, opposition, obéissance, partage); R3 vis à vis de la petite soeur (altruisme, gentillesse, protection, entraide); R4 vis à vis des grands parents (respect, complicité, don de soi); etc....
Statut d'élève (S2)
-rôles :R1 vis à vis des amis (entraide, complicité, solidarité, humour...), R2 vis à vis des profs (respect, ponctualité, assiduité, effort, travail), R3 vis à vis de la vie scolaire, R4 vis à vis de l'administration, etc...
En apprenant, en approfondissant et en intériorisant ces valeurs, l'individu se prépare à sa vie future. Quand il aura un emploi, son employeur attendra de lui qu'il ait intériorisé toutes les normes et les valeurs nécessaires à la vie de l'entreprise. Dans l'entreprise, de nouvelles valeurs et de nouvelles normes lui seront transmises et il devra se les approprier. On parle d’ailleurs souvent de la culture d’entreprise, et elle peut être propre à une entreprise en particulier.
B) La socialisation, un processus inachevé
En réalité la socialisation d'un individu dure toute la vie puisqu'à chaque étape de la vie : 1er emploi, mariage, enfant, petits enfants... l'individu change de statut (mari ou épouse, père, grand-père) et il doit faire l'apprentissage des rôles assignés à ses nouveaux statuts.
Pourquoi dit-on que la socialisation dure toute la vie ? Au cours de sa vie, un individu va avoir de nouveaux statuts (élève, étudiant, salarié, conjoint, père/mère, arbitre de football, représentant syndical, oncle/tante, grand-père/mère, …) auxquels sont attachés des rôles bien précis vis-à-vis d’autres interactants, caractérisés par des normes et des valeurs spécifiques.
La socialisation secondaire commence lorsque l'individu multiplie ses relations avec d'autres instances de socialisation : groupe de pairs, club de foot, groupe de musique, collègues de travail... Cette socialisation secondaire va au-delà de la simple acquisition du langage social, c'est un langage spécifique permettant de s'intégrer à un groupe spécifique qu'il s'agit désormais d'intérioriser.
Nous pouvons retenir que les socialisations primaire et secondaire se distinguent par le fait que :
-la socialisation primaire a lieu pendant l'enfance et la socialisation secondaire se déroule le reste de la vie
-les agents de socialisation sont peu nombreux dans la socialisation primaire (famille, école, pairs, club de sport) et plus nombreux dans la socialisation secondaires (famille, travail, école des enfants, association, parti politique, club de sport...)
-les N&V sde la socialisation primaire sont très générales alors que celles de la socialisation secondaire sont très spécifiques.
Les instances de socialisation secondaire : profession, association, partis politique, famille (conjoint…)
II/l’identité des individus se reconstruit à l’âge adulte avec l’aide de multiples instances d’intégration
A) La socialisation professionnelle
Doc.2 p.154
Les comportements attendus d’un chirurgien sont la disposition à l’action, au leadership, à l’assurance, à la combativité ou à l’endurance. On note par ailleurs que les chirurgiens ont souvent fait beaucoup de sport pendant leur enfance ce qui va dans le sens d’un renforcement entre la socialisation primaire et secondaire. L’esprit de compétition acquis pendant l’enfance est renforcé et développé dans le cadre de la salle d’opérations. Par ailleurs, on remarque que les femmes chirurgiens ont souvent été éduquées dans des contextes familiaux qui prônaient l’égalité entre garçons et filles. Souvent entourées de frères ou de camarades de jeux, elles ont souvent intériorisé des normes et des valeurs masculines.
On doit également penser à faire le lien entre la socialisation différenciée des filles et la ségrégation horizontale dans l’emploi. Par leur choix de métier, les filles renforcent leur socialisation primaire différenciée.
Les socialisations secondaires peuvent renforcer ou transformer les socialisations primaires :
-renforcer : par exemple dans les groupes de pairs, groupe de garçons où tout comportement non masculin sera rejeté avec force. Les socialisations secondaires peuvent renforcer les N&V et rôles précédemment acquis et leur donner de la force. Ainsi les rôles masculins et féminins sont le plus souvent renforcer.
-transformer : perte d’un emploi et reconstruction ; fils d’ouvrier qui devient CPIS... Lien avec la socialisation anticipatrice : volonté de changement (voir plus loin). Le message de la socialisation secondaire vient s’opposer à celui de la socialisation primaire, ce qui nécessite un réapprentissage : abandon de certaines normes et valeurs et intériorisation de nouvelles N&V.
Tout le II de cette Q3 porte sur la continuité entre les deux socialisations (primaire et secondaire). Nous aborderons la question de la rupture dans la Q4.
mardi 17 février 2026
interrogation écrite (15 minutes)
retour au cours
B) la construction d’une identité politique
et doc.4 p.163
Dans le cadre de la socialisation secondaire,la socialisation politique ne fait que renforcer la plupart du temps la socialisation primaire à laquelle l’individu a été soumis. Le poids de la famille, son histoire, son vécu, son origine sociale sont ici déterminants pour l’individu. Dans le texte, la jeune femme est socialisée dans un milieu social de gauche (athéisme, résistance, mère qui travaille…) et plus tard elle développera une pensée politique proche de la gauche sur l’échiquier politique. Elle participe aux évènements de mai 1968 où ceux qui se mobilisaient s’opposaient à l’ordre établi, à l’autorité patriarcale et revendiquaient une forme de liberté individuelle et une recherche de l’épanouissement personnel.
!!! exemple de la jeune fille qui grandit dans un environnement familial de droite et qui se sent plutôt une sensibilité de gauche tout en étant incapable de voter socialiste, écologiste ou communiste (sentiment de trahir les valeurs familiales).
C) l’expérience conjugale
Doc.3 p.163
3 étapes dans cette vie de couple :
-l’homme et la femme sont très différents et la femme doit lutter contre son mari pour qu’il apprenne à ranger ses affaires (évidemment, ses parents lui avaient appris mais ils n’ont pas été aussi rigoureux avec lui que s’il avait été une fille de sorte qu’il a moins bien intériorisé cette norme de comportement). On peut donc parler d’un renforcement puisque sa conjointe va agir avec lui comme le faisaient ses parents.
-l’homme a appris et il se conforme aux exigences de sa femme et il connaît donc une première transformation par rapport à sa socialisation primaire.
-le couple est désormais installé dans ses habitudes et un deuxième changement est en train d’opérer : la femme s’ouvre à l’extérieur du foyer tandis que l’homme devient très casanier (contraire à ce que nous avons vu dans la socialisation différentielle des sexes.
L’expérience conjugale renforce évidemment la socialisation primaire dans la mesure où les rôles domestiques sont bien différenciés : ménage et préparation des repas pour la femme et bricolage pour l’homme. Mais comme nous le voyons dans le texte, les comportements sont susceptibles d’évoluer et de se transformer.
Q4 : Comment la socialisation secondaire peut-elle brouiller le message de la socialisation primaire ?
O4 : comprendre que la pluralité des influences socialisatrices peut être à l’origine de trajectoires individuelles improbables
Nous assistons ici à la rupture entre la socialisation primaire et la socialisation secondaire. Il va falloir intérioriser des N&V très différentes de celles que l’on a intériorisées durant la socialisation primaire. Il va falloir s’adapter, anticiper.
I/ la socialisation secondaire : une socialisation plus complexe que la socialisation primaire
A) la pluralité des agents de socialisation peut rendre confuse la transmission du message
Doc.1 p.164
en 2022, en France, d'après l'observatoire français des drogues et de la toxicomanie, sur 100 adolescents de 17 ans, 15,6 fument quotidiennement.
1-les filles fument leur première cigarette en petit voire en très petit groupe, avec leur meilleure amie. Le passage à l’acte est un secret qui scelle l’amitié entre les deux protagonistes. Dans le cas des garçons, le rite est organisé en groupe avec des mentors qui guident les premiers pas dans la déviance : on ne fume pas pour sceller une amitié mais pour s’intégrer à un groupe et pour prouver quelque chose (changement de statut : on est un homme !).
2-évidemment cette expérience est réalisée en dehors du foyer familial car les normes et valeurs qui fondent cette expérience sont contraire aux N& V intériorisées dans la famille. Injonctions contradictoires entre la famille et le groupe de pairs
3-l’usage quotidien du tabac a diminué de 62% sur la période, soit 25,5 points de % chez les jeunes de 17 ans et cela peut s’expliquer à la fois par les nombreuses campagnes de sensibilisation sur les dangers du tabac, par l'augmentation du prix, par les mesures légales qui en interdisent la publicité (loi Evin, 1991), mais également par le fait que les parents eux-mêmes fument mois aujourd’hui (pour les mêmes raisons) et que le modèle socialisateur a donc pris ces distances avec cette pratique. De plus, la tendance semble s'amplifier depuis 2017, probablement du fait de la généralisation de la cigarette électronique auprès des jeunes. De même nous constatons que la part des adolescents âgés de 17 ans ayant déjà expérimenté le tabac à diminué de 40 % (diminution de 31 points).
Certaines socialisations secondaires peuvent également amener à des transformations importantes à condition qu’elles s’appuient sur des groupes suffisamment solides. Pour se transformer, l’individu doit pouvoir s’appuyer sur les autres, y compris au travers de groupe et d’institutions.
La diversité des agents de socialisation conduit à ce que les individus ne fondent jamais l’ensemble de leurs manières de faire, de penser sur une référence unique. Les messages peuvent donc être contradictoires. C’est pourquoi les trajectoires ou préférences individuelles sont diverses et parfois improbables
On peut noter que ces changements d’identité, s’ils sont propres à toute vie humaine, sont aussi une caractéristique de l’époque contemporaine. Le travail est devenu plus flexible, le couple est devenu plus fragile et les vies familiales sont séquencées, les individus sont aujourd’hui nombreux à avoir des identités plurielles car la société les place face à de nombreuses instances de socialisation.
B) la socialisation secondaire, un nouvel apprentissage : l’exemple de la socialisation anticipatrice
Doc.4 p.165
t.à.f pour le 19/02 : répondre aux questions 9 et 10 du doc.4 p.45
jeudi 19 février 2026
correction de l'IE du 17/02
retour au cours
A) la socialisation secondaire, un nouvel apprentissage : l’exemple de la socialisation anticipatrice
Doc.4 p.165 + Annie Ernaux
9-son accent, sa façon de parler, sa syntaxe, il a dû accentuer son intérêt pour la culture : il est allé à elle, il a été poussé à ça, par son environnement.
10-il cherche à intérioriser les normes de langage et les normes relatives aux pratiques culturelles qui ne sont pas celles de son milieu d'origine mais qui sont celles du groupe auquel il souhaite appartenir.
Ici, l’individu rejette sa culture d’origine et il essaie de se conformer à une autre culture qui lui sert de modèle et à laquelle il souhaite accéder. Il oppose la culture du groupe auquel il souhaite appartenir à celle du groupe auquel il a appartenu.
Comme nous l’avons déjà dit, les socialisations secondaires peuvent renforcer ou transformer les socialisations primaires, dans cet exemple, il apparaît clairement que la socialisation secondaire se construit en opposition avec la socialisation primaire :
Socialisation anticipatrice : les individus désireux d’intégrer un groupe social particulier, souvent mieux considéré que le leur, vont chercher à adopter les comportements et codes de celui-ci. Pour R.K. Merton, c’est une socialisation où l’individu intériorise les normes et les valeurs d’un groupe de référence (auquel il souhaite appartenir) distinctes de celles du groupe d'appartenance.
II/ quand la socialisation secondaire s’oppose à la socialisation primaire
A) Les ruptures biographiques
Doc.3 p.167
La jeune femme change de statut (prisonnière), elle doit donc jouer de nouveaux rôles où elle va devoir intérioriser de nouvelles normes et de nouvelles valeurs, comme l’isolement, le manque de communication, qui sont en opposition avec les N&V qu’elle avait intériorisées préalablement. De sorte qu’en sortant de prison elle ne maîtrise plus aussi bien les liens avec les autres, sa capacité à interagir avec les autres à régresser. Elle doit tout réapprendre et c’est ce réapprentissage qui complique la réinsertion. Comment retrouver sa place dans une société dont on a été exclu.
+ l’individu qui devient alcoolique fait un apprentissage de cette conduite déviante. Sa vie tourne autour de sa consommation d’alcool et il doit revoir son rapport au travail et aux autres ce qui suppose d’intérioriser de nouvelles normes de comportement, il apprend à « tenir l’alcool ». Il y a évidemment rupture avec la socialisation primaire. De même, lorsqu’il fait le chemin inverse, l’alcoolique en cure de désintoxication doit tout réapprendre, il doit s’éloigner de certaines tentations (sorties avec les potes), fréquenter de nouveaux lieux, adopter de nouvelles habitudes… Les expériences à l’âge adulte peuvent rentrer en contradiction avec ce qui a été précédemment acquis et contribuer à modifier les identités sociales. C’est le cas dans la socialisation anticipatrice.
Notion de rupture biographique (séjour en prison, fréquentation d’une grande école, maladie, accident…) qui conduit à une transformation radicale du mode de vie des individus et à des restructurations identitaire. Parfois, un évènement brutal, comme une maladie, ou une perte d’emploi, en particulier si elle se prolonge, ou de rencontres improbables, font radicalement dévier les trajectoires individuelles.
On parle de conflits de socialisation (entre milieu d’origine et milieu d’appartenance) et de trajectoires improbables (lorsque les trajectoires individuelles s’écartent fortement de ce qui est attendu statistiquement).
Du fait de la puissance de l’action socialisatrice, le passé d’un individu est incorporé en lui. C’est dire s’il est impossible de rompre complétement avec la socialisation primaire sans rompre avec une partie de soi-même.
B) La mobilité sociale ascendante ou descendante
Doc. Annie Ernaux (Doc annie ernaux)
Annie Ernaux s’élève dans la hiérarchie sociale et elle connaît ainsi une mobilité ascendante. Elle quitte son milieu familial, celui des artisans commerçants (groupe d’appartenance) pour accéder à un groupe de CPIS et d’intellectuels (groupe de référence).
La socialisation secondaire se substitue à la socialisation primaire par le biais de l’école. Annie Ernaux finit par rejeter ses parents (elle les considère comme des « beaufs ») et elle se construit en opposition par rapport à ce modèle familial.
Dans le cas de la mobilité descendante (le fils de cadre qui devient employé ou ouvrier, ou sans emploi...) un réapprentissage est également nécessaire. Ces situations de mobilité ascendante sont souvent liées à des situations de ruptures biographiques.
Si la socialisation est un processus guidé notamment par une certaine forme de déterminisme social, il n’en demeure pas moins que le libre arbitre individuel conserve son importance, d’autant plus aujourd’hui avec la mise en avant de l’individualisme qui fait de l’individu et de son autonomie des valeurs centrales de la société.
rappel :
Socialisation primaire : la socialisation primaire désigne le processus de socialisation qui se déroule pendant l’enfance (principaux agents : famille, école). Donc peu d'agents de socialisation. Normes et valeurs générales
Socialisation secondaire : poursuite de ce processus à l’âge adulte avec de nouveaux agents de socialisation (travail, association, club de sport…). Multiplication des agents de socialisation. Normes et valeurs spécifiques. La socialisation secondaire opère une continuité ou une rutpure avec la socialisation primaire.
fin du chapitre
Présentation de l'EC3 et réflexion sur un sujet (Dm ec3 socialisation genree)
t.à.f pour le 10/03 : rédiger l'EC3
!!! Pas d'interrogation écrite !!!